Bertrand Dorny
 
Topomorphoses


 Il y a sur ces fragments la mémoire de plusieurs vies, la marque du temps, une émotion supplémentaire à celle, tactile, que procure le matériau. Dans les « topomorphoses », contraction de deux termes, topographie et métamorphose, il l’intègre à la peinture sur un support où le jeu des reliefs entrecroisés, enfermés dans les boites rectangulaires ou carrés, crée des lieux dont l’œil explore routes, chemins et carrefours. Cartographe de l’imaginaire, Dorny part au hasard pour aboutir à des espaces de voyage parfaitement réglés puisqu’ils se réfèrent  parfois à des parcelles de cartes Michelin, preuve que l’invention surgit du réel ou y aboutit pour s’en libérer ensuite, et laisser vivre les dérives du regard.

- Pierre Cabanne, Bertrand Dorny, P.A.C.A. 1993


Les topomorphoses de Dorny, « assemblages mis en boite » ne nous propose pas une « image » du voyage. Elles tendent à en suggérer l’idée…. Les hautes falaises de craie qui domine la mer, à la cassure du Pays de Caux sont pour celui qui ose ouvrir les yeux, empreintes de beaucoup de mystère. Il faut savoir que les petits chemins proposés par Dorny dans ses topomorphoses conduisent vers cet immense chaos penché sur l’infini.

- Pierre Bazin, Batons Flottants, FRAC de Haute Normandie, 1990


Une topomorphose de Dorny est tout autant travaillé que, par exemple,  une œuvre à trois dimensions savamment méditée de Domela, mais elle contient beaucoup plus de spontanéité gestuelle. Elle est nourrie d’inventions dont l’artiste a pris conscience dans l’exécution même de l’œuvre.

- Jean Luc Chalumeau, Les Topomorphoses de Bertrand Dorny, Château-Musée de    Dieppe 1984

Mardi 19 Septembre 2017