Bertrand Dorny
 
Collages et papiers pliés


…tu fais des collages qui n’en sont pas si l’on se réfère aux choses qui portent ce nom ; tu réalises des compositions qui ont l’air abstraites et dont l’abstraction n’est pas du tout la raison ; tu poses des couleurs sans généralement les peindre ; tu fais des plis comme d’autres des aplats, et comment appeler ça ? D’autant que la face supérieure et plane de ces plis sert de support de collage, et qu’une troisième dimension s’ajoute aux deux du carré de base. Aujourd’hui, pour peu qu’on a une idée, on se passe volontiers de technique. Toi, à l’inverse, tu coupes, tu assembles et l’idée mont du travail, car c’est lui qui rend organique et pensive l’œuvre de papier.

- Bernard Noël, Bertrand Dorny ou le Roman de papier, Editions Ubacs, Rennes 1989


Ainsi en va-t-il de tes labyrinthes comme, déjà, du Dédale de Crète. Quelque chose, quelque image fantastique et intime nous y guette pour nous y surprendre par bonheur. Ces dédales sont ordre et désordre à la fois, désordres colorés d’autant plus grands que la géométrie y manifeste la puissance de ses mises en ordre. Les contraires, ici, aussi, sont donnés ensemble. Ils ne font qu’un, comme l’enseigne une ancienne sagesse.  Et c’est là, toujours à nouveau, le miracle de l’œuvre artistique. Celle-ci ne dit ni le vrai ni le faux. Elle n’arrête pas le mouvement mental sous le prétexte de la vérité. Mais elle est faite pour étonner les yeux et pour lancer la pensée de chacun dans ses rêveries propres.

- Marc Le Bot, « Bertrand, », Bertrand Dorny, Le musée manipulé, Galerie Tessa Herold     1999

Dimanche 23 Juillet 2017